Parasports Québec est heureuse de nommer Personnalité du mois de mai madame José Malo, pour ses 50 ans de carrière en faveur du sport adapté et de l’inclusion par le sport des personnes en situation de handicap.
La directrice générale sortante de l’AQSPC-Boccia Québec, ancienne directrice générale de Parasports Québec, quitte officiellement ses fonctions, saluée par le mouvement sportif québécois lors du Gala Femmes d’influence d’Égale action, où elle s’est vu remettre un Prix dans le volet Reconnaissance. Retour sur le parcours exceptionnel d’une femme engagée à qui le milieu parasportif québécois doit tant.
– Propos recueillis le 28 mai 2026
Le chemin vers un grand engagement : grandir au rythme du sport
Issue d’une famille active, José Malo grandit dans un environnement où le sport fait partie du quotidien : son père est adepte de ski et de badminton; elle pratique elle-même le ski alpin et le ski de fond; sa famille l’accompagne dans ses activités physiques. Le sport est également prédominant dans son parcours scolaire. Entourée à l’école secondaire par des enseignant·es inspirant·es comme Peter George, créateur des plus grandes équipes de ballet jazz au Québec, Marie-Claire Esparbès, mère de Patrick Esparbès, futur directeur général de Judo Québec puis Soccer Québec, ou encore Maurice Loeub, coach de l’équipe nationale féminine de handball, la Montréalaise s’épanouit sur le terrain. C’est d’ailleurs le handball qui l’anime pendant huit années, dans son cursus.
«On avait la crème de la crème et c’était un environnement parfait pour évoluer et développer des passions».
En marge de son activité sportive, la jeune Québécoise s’implique très vite dans le milieu des loisirs communautaires. Dès ses 12 ans, elle travaille aux loisirs de sa paroisse, rejoint des comités jeunesse dans son centre avant de devenir monitrice sur les terrains de jeu. Forte de sa relation avec les organismes récréatifs de Montréal, elle obtient un premier contrat de travail à la Ville de Montréal, employée par Marielle Lauzon, sa directrice de service. C’est cette dernière qui l’encourage à seulement 17 ans à rejoindre un conseil d’administration en compagnie de parents, celui de Loisirs Soleil qui offre des activités de loisir adaptées aux jeunes en situation de handicap. Engagée avec la Ville sur les événements spéciaux, elle rejoint la structure lors de grands jeux. C’est là qu’elle embarque dans le mouvement.
Elle est par la suite incluse à des tables de concertation de la Ville pour Loisirs Soleil et rencontre Jacqueline Lefebvre, directrice du Centre d’Intégration à la Vie Active (CIVA). Elle qui avait déjà travaillé l’été en déficience physique évolue par la suite avec la structure montréalaise, au début des années 1980. Cette période voit les emplois se chevaucher pour José qui est alors particulièrement active dans la communauté. Lors de ses 6 ans avec le CIVA, José Malo participe à la création de programmes en alphabétisation fonctionnelle par le loisir avec la Commission scolaire d’éducation des adultes à Montréal, une commission qui l’engage également en plus de ses activités.

José Malo et Monique Lefebvre
À la création du Défi sportif AlterGo par Monique Lefebvre, fille de Jacqueline Lefebvre, José manifeste son intérêt pour collaborer et commence comme bénévole partenaire avec le CIVA, avant de devenir pleinement employée du Défi sportif jusqu’à la fin des années 1990.
Reconnue dans le milieu, la Montréalaise d’origine et de cœur – comme elle se définit elle-même – poursuit sa mission et porte son engagement pour la communauté encore plus haut, en prenant ensuite les rênes d’organismes québécois dont elle écrit l’Histoire.
Une carrière riche de collaboration au service des athlètes : de Parasports Québec à l’AQSPC
À la fin des années 1990, c’est un changement de cap qu’opère José Malo. À 40 ans et après déjà plus de 20 ans au service des sports adaptés, José Malo quitte le milieu pour prendre une année sabbatique. La Montréalaise, qui s’était fait une expérience structurante en travaillant deux ans pour l’Exponautique internationale de Montréal au Stade olympique par le passé, décide de prendre le large. Une année pour vivre sa passion pour la voile, profiter d’une aventure avec sa fille Élizabeth, prendre une pause de vie. Le changement ne lui faisait pas peur, la Québécoise était prête pour cette nouvelle entreprise.
Mais son cœur ne s’éloigne pas bien loin de la communauté parasportive et, elle qui avait déjà rejoint le Conseil d’administration de Parasports Québec, alors AQSFR – apprend un changement de direction dans la structure et rentre alors en contact avec le président Donald Royer qui la rencontre en entrevue à l’été. Ce dernier l’encourage à terminer son voyage et lui fait confiance pour sa prochaine aventure : elle devient directrice générale de Parasports Québec.
Commence alors un bloc de 10 ans où la Montréalaise se dévoue au service des sports adaptés et de leurs athlètes. Elle s’installe quelques années sur la Côte-Nord à Tadoussac et se prouve que son aventure peut s’ancrer n’importe où au Québec, qu’elle soit à Montréal ou non – son lien avec les organisations à travers la province étant si fort.
C’est ensuite l’influence et la guidance d’un athlète cher aux yeux de José qui donne une autre direction à son parcours. Ancien athlète de tennis et de rugby en fauteuil roulant, pleinement ancré dans le milieu des parasports et grand communicateur de la cause, l’athlète de boccia Marco Dispaltro contacte la Québécoise. Il lui demande de venir s’engager auprès de son association, l’Association québécoise de sports pour paralytiques cérébraux (AQSPC), encouragé par Daniel Vézina du CIVA. Tous deux étaient convaincus qu’elle pouvait entraîner le renouveau de la structure. Un chemin que José n’imaginait d’abord pas prendre, avant de trouver en cette fonction le moyen de faire une différence pour les athlètes.
«Au début, je n’achetais pas. Je n’étais pas prête. Je n’étais pas la fille de la défense des droits, bras levé dans les airs. Ce n’était pas moi. J’appuyais les personnes avec une limitation mais dans mon approche, c’était avant tout important d’avoir du plaisir. Que tout le monde puisse en avoir. C’est la prémisse de base de tout ce que j’ai fait dans la vie. Et en allant vers les parasports et particulièrement le boccia, j’ai trouvé une mission : donner leurs lettres de noblesse aux athlètes et à cette discipline. Parce que partout, et même dans le milieu paralympique, les gens qui pratiquaient ce sport étaient vus de haut. Et ça, ça ne marchait pas pour moi! Quand Marco et Daniel sont venus me chercher, j’ai décidé de me lancer. Pour que les athlètes qui sont souvent discriminé·es se distinguent. Il est primordial de reconnaître ses athlètes et leur discipline ».
Après 13 ans d’action et en collaborant sur des Championnats provinciaux, des Championnats nationaux jusqu’à même des tournois d’envergure internationale, comme la dernière Coupe du monde de Boccia à Montréal en mai, José a mis en application toute son expertise et sa volonté de faire changer les choses pour les athlètes, pour l’image du parasport et pour le développement de la pratique.
Quand on lui demande quels événements l’ont le plus marquée en chemin, la Québécoise nous confie qu’il est difficile de choisir sur plus de 10 ans au sein d’une structure et en 50 ans de carrière au total, mais elle déclare :
«Les Jeux du Québec nous tiennent particulièrement à cœur et ont créé des souvenirs forts. Chaque Jeux où j’ai vu des jeunes du boccia, intégrés dans la communauté sportive québécoise le temps de cet événement, ont été un grand moment. Avec de tels rassemblements, on avance doucement vers l’inclusion et c’est un outil de sensibilisation très fort : avec une quizaine d’athlètes en boccia, une quinzaine en basketball en fauteuil roulant en deux semaines, on parvient à sensibiliser près de 5000 personnes! Et de voir nos jeunes inclus·es avec les autres, de voir qu’ils sont considérés comme sportifs à part entière, c’est génial.
En plus de voir les athlètes de toute condition physique se mélanger, ces événements sont aussi de grandes fêtes sportives pour tous·tes les encadrant·es du sport et José Malo nous confie être heureuse de partager ces événements avec son équipe pour le développement de tous·tes, révèlant sa générosité et sa volonté d’aider les suivant·es à aller le plus loin dans leur aventure professionnelle en parasports :
«La vie aux Jeux du Québec est un moment fort d’inclusion, marquante comme athlète et comme organisateur. C’est vraiment spécial. J’ai toujours été très heureuse de donner l’opportunité aux jeunes employé·es de vivre ces moments. Ici, aux Jeux du Canada, aux Jeux paralympiques. C’est important d’ouvrir cette porte aux jeunes. Je pense que c’est extrêmement motivant aussi pour qu’ils puissent se développer et contribuer au mouvement à leur tour, en vivant tout ça. Quand tu reviens, tu te dis, voilà ce que je peux changer ici aussi.»
Dans son mandat, tout comme dans sa philosophie, José a toujours mis les athlètes au cœur de ses préoccupations. Et pour elle, la promotion du sport et la suppression de la distance entre les personnes en situation de handicap et le grand public doit se faire par le biais des athlètes. Comme l’incarne le slogan souvent repris par la nageuse paralympique canadienne, ancienne ministre fédérale et figure de l’inclusion du handicap Carla Qualtrough, qui a guidé José tout au long de sa carrière, ‘’Nothing about us without us/Never without us’’ («Rien sur nous sans nous»/«Jamais sans nous») : l’ancienne directrice de Parasports Québec met un point d’honneur à ce que chaque initiation se fasse avec un·e athlète et à ce que la relation se construise entre celles et ceux qui font le sport et le grand public.
«On amène toujours des athlètes pour aller à la rencontre des Québécois·es. Si ce n’était que moi, ça ne donnerait rien. Il faut s’incarner par le terrain. Il faut que les gens vivent une expérience et aient un contact avec la clientèle. Après ça, ils n’ont plus peur. Même s’ils ont du mal à les comprendre les athlètes quand ils parlent, même s’ils ont des mouvements bien à eux, une fois le contact établi, le rapport change et le lien se fait plus facilement.»
Après des années d’engagement et une approche profondément humaine et collective du sport adapté, José Malo passe le relai à Elizabeth Déziel aux commandes de l’AQSPC et peut être fière d’avoir relancé la structure avec son action. La Montréalaise de cœur tourne ainsi une page de son Histoire, la page des parasports, et se voit par la même occasion saluée par tout un mouvement sportif qui la voit en exemple.
La victoire d’une bâtisseuse du sport adapté : la reconnaissance du mouvement sportif québécois

José Malo et Marc Dispaltro – ©AQSPC
José Malo, avec sa forte implication dans différentes structures et auprès d’acteurs et actrices varié·es de la communauté, incarne toute la générosité et la solidarité d’un mouvement qui compte sur le partage pour avancer, dans une société qui peine parfois à lui donner sa place. Inspirante dans son action, José cite elle-même différentes figures qui ont inspiré son propre cheminement. En plus de Carla Qualtrough, elle nomme – entre autres – les athlètes Hélène Simard, Chantal Petitclerc, André Viger, les équipes de basketball en fauteuil roulant avec Chantal Benoît parmi les plus réputé·es mais également son ami Marco Dispaltro, les jeunes athlètes, tous les parents, les arbitres bénévoles de boccia : tous·tes celles et ceux qui s’impliquent tant pour la grande famille des parasports.
«Dans ma jeunesse, la skieuse Nancy Green était mon idole! Mais si j’avais à nommer quelqu’un dans le monde para, ce serait à nouveau Marco Dispaltro. Sa détermination, sa résilience, sa façon d’aborder les changements – en dépit de sa maladie évolutive. Il a su changer de terrain et démocratiser le boccia pour que les gens cessent de se dire que la discipline n’était pas pour eux, pour qu’ils viennent s’y intéresser. Marco est encore un ambassadeur important pour le sport. Et comment ne pas nommer aussi toutes ces filles extraordinaires comme Diane Roy ou Mélanie Labelle. Leur parcours m’inspire et je continue à être inspirée par celui des suivant·es, sur le terrain. Rien qu’en camp de développement, avec la relève, c’est un plaisir pour moi de donner les outils à ces jeunes qui vont développer leur habileté, qui vont devenir meilleurs, devenir passionnés, qui vont apprendre à parler d’eux. Tout ce monde-là m’est grandement inspirant ».
En retour, c’est tout un mouvement qui exprime sa gratitude à José Malo à l’heure de sa retraite et c’est avec un Prix prestigieux que la Montréalaise met un terme à sa carrière : elle obtient le Prix Reconnaissance du Gala Femmes d’influence Égale Action qui reconnaît toute l’empreinte laissée par une femme dans son leadership en faveur du développement du sport et d’un milieu toujours plus inclusif et sécuritaire. Une distinction dont José est fière, plus que pour elle : pour le sport adapté.
«Mon premier réflexe était : je veux gagner. Parce que je le voulais, non pas pour moi, mais pour le sport adapté. Pour que ce ne soit pas une nouvelle nomination convenue pour le sport adapté mais bien une victoire. Pour qu’on ne coche pas simplement une case en incluant le sport adapté mais bien qu’on le fasse gagner. Et j’ai savouré cette victoire en allant de surprise en surprise cette soirée-là. En retrouvant des gens perdus de vue, avec qui j’ai skié, des amis de jeunesse, des bénévoles. Et puis, de recevoir la reconnaissance de jeunes talents avec qui tu travailles, de gens très talentueux qui viennent te parler… la reconnaissance du mouvement, tout ça est très émouvant. Et puis, le prix Parasports Québec de Mélanie Labelle également, j’ai trouvé ça fantastique. Pour moi, qu’on soit deux du mouvement à vivre ça – l’une qui part et l’autre qui arrive – ça ne pouvait pas être un plus beau moment.»

José Malo, lauréate du Gala Femmes d’influence 2026, avec Louise Poirier et Jocelyne Carrier-Thivierge – ©Dorian G Productions
Ce trophée de «Relayeuse» lauréate de ce 21e Gala remis à José Malo prend ainsi tout son sens pour cette dernière qui a tracé un chemin et donné l’exemple pour celles et ceux qui reprennent le flambeau. S’il est temps pour elle de quitter ses fonctions, la Québécoise active et engagée a plus d’une corde à son arc et nous confirme qu’on la retrouvera certainement sur d’autres terrains pour continuer à s’impliquer pleinement : peut-être celui de l’art – domaine de ses études – qui devrait prendre plus de place dans sa vie, ou encore celui du yoga – discipline dans laquelle elle est certifiée et copropriétaire de la compagnie Yoga Rondeurs, avec des amies.
Son nom restera également encore longtemps en haut de l’affiche dans les actualités du boccia, puisqu’en son honneur, l’AQSPC a lancé le Fonds José Malo, une initiative dédiée à soutenir les athlètes de la discipline, en réduisant les obstacles financiers et en leur permettant de se développer, de la relève jusqu’à l’excellence.
Plus que son nom, c’est une philosophie et un message fort que laisse la directrice sortante de l’AQSPC à celles et ceux qui voudraient rejoindre le mouvement et trouver leur terrain d’expression par les parasports :
«Ne perds jamais la notion de plaisir. Sois audacieux. Il faut sortir de la boîte et oser. Même si on pense que ce n’est pas pour nous, que ça va être trop difficile, que c’est trop plat.
Ose l’expérience! Tu y trouveras un chemin.»

Parasports Québec adresse ses plus chaleureuses félicitations à José Malo pour son engagement et son dévouement en faveur de l’inclusion et du développement du sport, tout au long de sa carrière. Au nom de tout le mouvement des parasports, la fédération lui souhaite le meilleur dans son nouveau chapitre de vie qu’elle lui souhaite pleine de nouveaux moments d’art, de partage et surtout de plaisir. Merci pour tout, José!
Pour plus d’informations sur le Fonds José Malo, consultez le communiqué de presse officiel ici et le site internet de l’AQSPC
– J. Robszye
