Alors que débutent, ce mois de mars, les Jeux paralympiques de Milan-Cortina qui verront 4 Québécois performer sur la glace du parahockey avec le Canada, Parasports Québec est heureuse de nommer Personnalité du mois de février 2026 un homme dont la passion et les actions en faveur du développement du sport et de l’accompagnement des athlètes sont reconnues par l’ensemble du mouvement sportif québécois : monsieur Maxime Gagnon.

Tant avec AlterGo que dans ses fonctions en parahockey auprès de l’équipe provinciale et des présents paralympiens, le Québécois incarne tout l’engagement et le dévouement qui font grandir le sport.

Retour sur le parcours inspirant de ce bâtisseur du parahockey québécois et sur l’évolution du mouvement à travers son expérience.

Maxime Gagnon, bâtisseur du renouveau :  la nouvelle structure du parahockey québécois

Ce n’est pas sur la glace que le parcours de Maxime Gagnon commence. Lui qui avait joué au hockey pour le plaisir, dans sa jeunesse, a toujours été un skieur de passion. Mais en 1994, le Québécois, qui travaille alors dans l’événementiel du luxe, franchit le pas qui l’emmènera à devenir une figure emblématique du parahockey, lorsqu’il est embauché comme coordonnateur logistique du Défi Sportif AlterGo. Au sein d’une équipe qui n’a pas encore toute l’ampleur qu’on lui connait aujourd’hui, il découvre différents parasports et s’intéresse tout particulièrement au parahockey, le hockey sur luge faisant tout juste son entrée aux Jeux paralympiques, à Lillehammer. Alors que le hockey est sport national, son volet para n’a alors pas de structure et de programme pour soutenir les quelques joueurs qui tentent de trouver leur place au Québec.

Maxime Gagnon décide alors de se former comme entraîneur et de relancer un programme provincial en collaboration avec ces quelques joueurs, Parasports Québec et Hockey Québec. En 2010, le nouveau programme est lancé et avec lui, le début du mouvement.

Maxime Gagnon, entraîneur sur la glace - Photo : Radio-Canada/Jean-François Vachon

Maxime Gagnon, entraîneur sur la glace – Photo : Radio-Canada/Jean-François Vachon

En 2013, l’intégration à Hockey Québec se concrétise et l’Équipe du Québec voit ensuite le jour, accompagnée par ses entraîneurs.

Cette même équipe du Québec prend rapidement le chemin de l’excellence et ne tarde pas à asseoir sa domination parmi les provinces participant aux Championnats canadiens qui s’organisent par la suite.

«En 2026, nous lancerons les 9e Championnats canadiens de notre histoire. Au départ, ils étaient organisés avec l’Alberta et l’Ontario et même s’ils ne sont toujours pas reconnus par Hockey Canada, nous sommes rendus à huit provinces représentées chaque année», précise Maxime Gagnon.

La Belle province a de quoi être fière de son équipe puisqu’elle est à date, la seule province à avoir terminé sur le podium lors des 8 premières éditions des championnats nationaux. Si le Québec venait à remporter le titre cette année-encore, elle détiendrait le record de victoires consécutives avec un 5e titre d’affilée.

Ces résultats probants sont le résultat d’une volonté de toujours croître et de développer la pratique, ce qui a mené 9 régions québécoises à accueillir un programme de développement.

Cette croissance s’est accompagnée d’une structuration de la saison sportive du parahockey : la ligue provinciale a vu le jour juste avant la pandémie et permet aujourd’hui à plus de 150 adhérent·es au Québec de se dépasser sur la glace.

L'équipe du Québec victorieuse aux Championnats canadiens 2025 - Photo gracieuseté de M. Gagnon

L’équipe du Québec victorieuse aux Championnats canadiens 2025

«Nos régions et nos clubs sont prêts à accueillir le parahockey et les belles histoires qui ont mené nos jeunes vers l’excellence le prouvent.», déclare Maxime Gagnon.

L’allié des Québécois·es vers l’excellence

Avec un accompagnement à la hauteur de leur talent et de leur ambition, plusieurs jeunes parahockeyeurs de la Belle province se retrouvent désormais sur le devant de la scène, grâce aux efforts entrepris par Maxime Gagnon et ses associés pour offrir un terrain de jeu au plus grand nombre.

«En plus du travail fait sur le terrain par les joueurs, c’est également celui des gens autour qui construit des victoires. Si le Canada remporte l’or, ce sera aussi grâce à eux»

Aux Jeux paralympiques, ce ne seront donc pas moins de 4 athlètes québécois qui défendront les chances du Canada dans la sélection nationale :  Shawn Burnett (McMasterville), Anton Jacobs-Webb (Gatineau), Vincent Boily (Alma) et Mathieu Lelièvre (Lévis), des athlètes qui ont tous évolué sous la supervision de monsieur Gagnon et qui font sa fierté.

Les Québécois aux Jeux paralympiques 2026

De gauche à droite : V. Boily, S. Burnett, A. Jacobs-Webb, M. Lelièvre – Photos : CPC

«Mathieu [Lelièvre], c’est le seul qui a fait le processus au complet avec Parahockey Québec du fait de son cancer à l’enfance qui a entraîné son amputation. Il est arrivé au niveau junior, il a fait la ligue provinciale, l’équipe nationale de développement et le voilà aux Jeux paralympiques maintenant. Les trois autres sont arrivés à un certain moment dans leur carrière et étaient familiers du hockey régulier. Toutes leurs histoires et leurs parcours de résilience nous rendent très fiers», déclare l’entraîneur-associé de l’équipe du Québec.

Quand on demande à Maxime Gagnon sa clé du succès et la recette d’un encadrement optimal pour emmener les athlètes vers la victoire, le Québécois évoque sans hésiter la passion, mais également le travail d’équipe et l’importance d’avoir une équipe soudée, compétente et issue du terrain qui met la relève au cœur de ses préoccupations :

«En plus du travail fait sur le terrain par les joueurs, c’est également celui des gens autour qui construit des victoires. Dans l’équipe du Québec, on a des bénévoles, des professionnels de la santé qui sont avec nous, et qui sont formidables. C’est ce qui fait que ça fonctionne. Prenons Dominic Larocque : il est présentement aux Jeux Paralympiques avec les athlètes. Pour l’ensemble de l’équipe nationale, c’est un plus : il a fait des Jeux comme joueur, comme gardien de but. Maintenant, il est entraîneur-associé à mes côtés pour l’équipe provinciale mais également entraîneur des gardiens de but pour l’équipe nationale à Milan-Cortina. Un atout pour guider les jeunes dont ce sont les premiers Jeux. Autre exemple, Jean Labonté : il a été capitaine de l’équipe nationale. Il est rendu en charge du programme en Outaouais. Également Benoît Saint-Amand, ancien gardien de but, en charge du développement au Québec avec les moins de 17 ans. De voir ces joueurs-là qui restent dans leur environnement au Québec pour assurer la relève démontre une vraie loyauté envers le milieu. C’est révélateur de la qualité de cet environnement et prometteur pour la suite. Si le Canada remporte l’or, ce sera aussi grâce à eux

Dans sa fonction d’entraîneur mais également d’acteur du développement du circuit compétitif, le prochain objectif majeur pour Maxime Gagnon et son équipe cette saison sera de performer au 9e Championnat canadien que le Québec et la ville de Boucherville auront l’honneur d’accueillir, du 7 au 10 mai prochain.

En préparation de ce moment fort du parahockey national, le prochain événement en date pour l’équipe du Québec aura également lieu à Boucherville du 20 au 22 mars, juste après les Jeux : les Séries canadiennes de parahockey. On y retrouvera nos Québécois aux côtés de l’équipe Atlantique (qui rassemble plusieurs régions de l’Est), Ontario et Manitoba, des équipes qui ont demandé à s’ajouter au tournoi, depuis les premières Séries lancées l’an dernier à Montréal (plus d’informations disponibles sur www.parahockey.com).

De plus en plus visible et attractif grâce à l’évolution de sa structure et la réussite de ces athlètes, le parahockey brille grâce au travail soutenu et passionné de Maxime Gagnon. Et l’ambition de ce dernier est de continuer son combat pour l’inclusion et la croissance du parahockey pour un Québec toujours plus accessible et favorable à l’épanouissement par le sport.

Le partisan de l’inclusion sur la glace et au-delà

Aujourd’hui particulièrement actif et influent dans le milieu, il cumule les mandats de président-directeur général d’AlterGo qui agit pour l’accessibilité universelle, de président de la Commission de parahockey et d’entraîneur associé de l’Équipe du Québec. Et le Québécois agit toujours avec la même passion, animé par sa volonté d’offrir à la relève le terrain qui lui correspond.

Maxime Gagnon dans ses fonctions avec Altergo - Photo : Altergo

Maxime Gagnon dans ses fonctions avec AlterGo – Photo : AlterGo

«Ce qui me motive le plus dans ma mission, c’est de voir les jeunes qui intègrent notre programme et qui grandissent avec nous. Depuis l’an passé, on a créé notre première équipe du Québec moins de 17 ans. Cela n’avait jamais existé chez nous auparavant. On est maintenant capable d’avoir une jeunesse qui nous représente sur le terrain. On travaille également avec l’Ontario pour se développer ensemble et l’an prochain, l’Atlantique va se joindre à nous. On a toujours eu cette position de précurseur, tout en restant inclusif et dans la collaboration. On a lancé le Championnat canadien, des Séries pour les moins de 17 ans, on souhaite développer le parahockey féminin. On a également lancé le Programme Première Présence qui reprend en janvier prochain et qui offre une expérience positive aux jeunes et aux familles qui souhaitent découvrir le sport. On est toujours à l’avant-garde et c’est ce qui me plaît.»

Prenant son rôle de bâtisseur très au sérieux, c’est également avec une vision humaniste et rassembleuse que Maxime Gagnon prend toute sa satisfaction.

Voir les parents heureux devant leur enfant qui vient jouer. Voir les jeunes fiers d’eux à l’école, médaille au cou, qui reçoivent la reconnaissance de leurs camarades pour leur réussite dans un tournoi, comme les autres enfants. Ces situations sont autant de victoires qui motivent l’action de Maxime Gagnon.

Pour donner vie à ces belles histoires, le Président-directeur général d’AlterGo affirme que les arénas sont toutes très ouvertes à accueillir les athlètes para. En revanche, il pointe du doigt le manque d’accessibilité parmi ces arénas et la nécessité d’avoir des infrastructures qui répondent aux besoins du sport adapté, tout comme la nécessité d’avoir du personnel pour appuyer ces projets.

«Les gens sont accueillants, prêts à collaborer, il faut aller les trouver et les rencontrer. Il faut être présents dans le plus d’endroit possible pour servir le rayonnement des parasports et s’appuyer sur des ambassadeurs un peu partout pour faire passer le mot que, même après un accident, le sport national existe toujours pour toi et tu peux le pratiquer

En effet, en sa valeur de sport national, le hockey encourage les Canadien·nes à venir découvrir son volet para. Maxime Gagnon déclare également être très heureux de voir les athlètes prendre le chemin d’autres parasports et de trouver leur terrain dans cette communauté soudée, comme c’est le cas avec le Défi Sportif AlterGo ou le programme d’Adapt’Action au Saguenay qui présentent les jeunes athlètes à différents sports.

«Le jeune Théodore Gallant qui est arrivé au parahockey chez nous et qui excelle maintenant avec l’équipe provinciale de basketball en fauteuil roulant junior et qu’on a retrouvé en finale des Jeux du Québec. Ou alors Jean-François Huneault qui joue sur l’équipe nationale de parahockey et qui est un des espoirs de l’équipe québécoise de rugby en fauteuil roulant. Ce sont des succès comme ça qui nous poussent à continuer.», affirme le Président de la commission de parahockey.

«Tous les sports para sont des petites familles. Vous n’êtes pas seul·es avec votre handicap»

Maxime Gagnon a offert au parahockey la structure dont il avait besoin pour ouvrir à ses joueur·euses les portes du dépassement et c’est donc plein d’espoir et de conviction qu’il regarde vers le futur avec ses athlètes et poursuit sa quête d’inclusion pour encourager tous·tes les Québécois·es qui le voudraient à participer à l’aventure des parasports.

Le message inspirant qu’il adresse aux suivant·es traduit toute la beauté de cette aventure humaine et sportive :

Venez l’essayer. Venez rencontrer la communauté. C’est un milieu tellement positif. Quand je vois les yeux brillants des athlètes qui ont trouvé leur sport, j’en suis convaincu. Tous les sports para sont des petites familles. En centre de réadaptation, on peut se sentir seul avec sa condition, parmi tous les différents accidents. Mais vous n’êtes pas seul·es avec votre handicap. Sur le terrain des parasports, les parcours se retrouvent, on va jaser et trouver des histoires qui croisent la nôtre. Et on l’entend des joueurs et des joueuses : quand on gagne en parasports, on gagne en famille

Photo gracieuseté de M. Gagnon

Crédit photo : Jean-Baptiste Benavent

Parasports Québec félicite Maxime Gagnon pour son parcours exemplaire et le remercie pour son engagement déterminant en faveur du développement du parahockey québécois!
La fédération souhaite également la meilleure des expériences aux Québécois·es de l’équipe canadienne de parahockey lors de ces Jeux paralympiques et adresse ses meilleurs vœux à l’équipe provinciale pour 2026!

– J.Robszye