Pour sa première nomination de l’année 2026, Parasports Québec est heureuse de faire de la jeune championne de paranatation Myriam Soliman sa Personnalité du mois de janvier!
La jeune femme prend progressivement sa retraite sportive après plus de 15 ans de compétition et de grands succès obtenus dès son plus jeune âge, dans les bassins canadiens puis à l’international. Désormais diplômée en neuroscience et impliquée dans l’intervention auprès de la jeunesse, la Montréalaise souhaite travailler en réadaptation pour accompagner les suivant·es dans leur développement, comme elle a été elle-même accompagnée, afin de dépasser ses propres limites.
Retour sur le parcours inspirant d’un véritable modèle pour la paranatation québécoise, tant dans les bassins qu’en dehors.
Une jeune championne sur le chemin de l’eau : la force de remonter à la surface
Née en 1999 à Montréal, Myriam Soliman a pris le chemin du sport dès ses plus jeunes années. Avant d’être la nageuse que l’on connaît aujourd’hui, la Québécoise avait fait ses premiers pas en soccer, en tennis et en taekwondo. Mais à 6 ans, un accident vasculaire cérébral affecte son parcours et c’est dans le cadre de sa réadaptation que la jeune fille intègre les bassins. Elle prend des cours privés de natation, soutenue par son père qui l’inscrit dans son premier club, pour une pratique régulière et encadrée. Encouragée par ses parents, Myriam prend naturellement goût à la natation et semble avoir trouvé le lieu qui lui correspond pour dépasser ses limitations physiques. Elle raconte :

Myriam Soliman. Photo : Dave Holland/CPC
« Ce que j’adore dans l’eau, c’est que je suis complètement libre. Je peux me pousser aux limites sans avoir à trop penser à mon handicap. La paranatation, c’est la place où je peux me défouler, et aussi rencontrer des amis.»
Dans ce contexte favorable au développement personnel physique et social, Myriam trouve l’endroit où se dépasser et motiver ses plus grandes performances. À seulement 11 ans, en 2010, elle s’appuie alors sur ce nouvel engouement et participe à une première compétition d’envergure : le Défi Sportif AlterGo. Plus qu’une simple participation, c’est également une première médaille d’or qu’obtient la jeune Québécoise d’origine égyptienne. Forte de cette victoire et d’une grande motivation, elle regarde alors plus loin et se fait rapidement repérer.
C’est alors le début d’une ascension spectaculaire pour la jeune nageuse qui gravit les échelons et se fait bien vite une place au sein de l’équipe québécoise.
Nager vers l’excellence : les premiers succès au Québec
«La paranatation, c’est la place où on est tous différents mais on est pratiquement une famille. »
Classifiée au niveau provincial dès 2011 dans sa catégorie S6 (qui rassemble notamment les athlètes avec une limitation fonctionnelle aux jambes, une mobilité réduite d’un côté du corps, des difficultés de coordination ou une amputation), la jeune Montréalaise s’essaie à presque toutes les nages et distances que sa catégorie lui réserve. On la retrouve ainsi tant en brasse, en dos, en crawl qu’en papillon, sur des distances variables (50m, 100m et 200m). Et ses efforts sont récompensés : elle est nommée meilleure nageuse aux championnats provinciaux de 2012, à seulement 13 ans.
Myriam se dirige alors vers l’étape supérieure, les Jeux du Québec auxquels elle participe pour la première fois en 2014 et qui lui laisse un souvenir mémorable :
«Aux Jeux du Québec, je me rappelle me sentir nouvelle et jeune. J’ai réussi à faire des performances dont j’étais tellement fière! Je me rappelle la joie de mon père et de mon coach dans le temps. Je me rappelle mon coéquipier qui nageait dans le même groupe que moi et notre bonheur d’être arrivés jusque-là. Les belles émotions, la belle énergie. C’est à ce moment-là que j’ai pris la décision d’aller jusqu’au bout avec la natation.»
C’est emmenée par cette expérience positive au Québec que la jeune athlète trouve sa motivation, principalement inspirée par ses ami·es dont elle admire le travail et la détermination, quelle que soit le bassin dans lequel elle nage.

Myriam Soliman. Photo : Dave Holland/CPC
« Je me suis entraîné un peu partout, Rive -Sud, Montréal, Saint-Jean-sur-Richelieu, au centre de haute performance de Saskatoon (Saskatchewan), à Boucherville dans mon dernier club avec les Mustangs ou encore à l’INSQ au Stade olympique
où j’ai eu une période d’entraînement très amusante. Partout, j’ai vu les efforts, la détermination et le feu dans les yeux de mes amis. Et partout au Canada, la paranatation m’a permis de me faire des amis. C’est la place où on est tous différents mais on est pratiquement une famille », déclare-t-elle.
La jeune athlète a en effet pu emmener sa passion pour la natation au-delà du Québec, signant de belles performances en rejoignant l’équipe québécoise pour ses premiers Jeux du Canada à Winnipeg en 2017. Un nouveau pas vers l’expérience du haut niveau, avant d’atteindre les bassins de compétitions internationales.
La vague du succès avec l’unifolié : les réussites internationales
«Le temps passé à Lima [pour les Jeux parapanaméricains] et en Espagne pour le camp d’entraînement était probablement la plus belle expérience de ma vie »

Myriam Soliman aux Jeux de Lima. Photo : Dave Holland/CPC
Nous sommes désormais en 2019. Myriam Soliman intègre tout juste l’équipe nationale après avoir fait sa place dans le milieu de la paranatation à l’échelle québécoise. La résidente de St-Hubert s’apprête alors à donner une autre dimension à sa carrière en s’envolant pour ses tous premiers Jeux internationaux : les Jeux parapanaméricains de Lima, au Pérou. Cette compétition continentale marque sa carrière grâce à un podium dans l’une de ses courses favorites. Elle raconte :
« En 2019 j’ai nagé toutes les courses de ma catégorie, et un relais. J’ai absolument adoré ma première expérience sur l’équipe nationale et j’ai décroché la médaille de bronze au 100m dos, mon plus grand résultat! Quel souvenir marquant! Le temps passé à Lima et en Espagne pour le camp d’entraînement était probablement la plus belle expérience de ma vie. Je me suis tissé des amitiés grâce à cette compétition que je garderai toujours. Lima a touché ma vie, et je garderai le souvenir de cet été gravé dans ma mémoire pour le restant de mes jours. »
Avec cette expérience positive et motivée par cette réussite à l’international, la Québécoise poursuit son ascension et participe à ses tous premiers Championnats du monde avec l’équipe sénior, en 2022 à Madère (Portugal). Fière de porter la feuille d’érable au cœur d’une équipe qui l’accompagne et l’aide à améliorer ses performances, elle trouve un profond sentiment d’accomplissement à s’épanouir aux côtés de nageur·ses qu’elle considère tant comme des coéquipier·ères que des inspirations, lors de cet événement d’envergure.
Son aventure se poursuit l’année suivante lorsqu’elle participe à ses deuxièmes Jeux parapanaméricains, cette fois à Santiago, au Chili. Si la Montréalaise n’obtient pas de médaille lors de cette compétition, elle aide quand même le Canada à décrocher une 5e place au relais 4×100 nage libre (S7) et obtient une belle 4e place au 50m papillon (S6), parmi les huit épreuves auxquelles elle participe. Cet engagement dans les bassins prouve encore une fois la polyvalence et la détermination de la jeune athlète qui se dépasse d’une course à l’autre.
Myriam marque également l’histoire de sa catégorie, de retour au Canada en battant le record national du 50 nage libre et détient encore celui du 100m et du 50m papillon – sa course de prédilection – avec un temps de 41,58s réalisé à Richmond, BC.
Après tous ces moments forts, la Montréalaise s’apprête désormais à prendre sa retraite de la compétition nationale et internationale … mais il en faudra plus pour éloigner la talentueuse para-nageuse des bassins, elle qui a mis la natation au cœur de son parcours de vie depuis son enfance. Au coeur de ses motivations pour la suite : transmettre et accompagner pour donner à tous·tes la chance d’être la meilleure version de soi-même.
Vers de nouveaux horizons : aider les suivant·es à se lancer à l’eau
«Je veux aider les gens à se réadapter, à se motiver et encourager les jeunes à poursuivre leurs rêves, aussi incroyables qu’ils soient […] Nos vraies limites sont celles que l’on s’impose.»
Prête à quitter les bassins pour se dédier à la suite de son parcours, Myriam Soliman demeure convaincu qu’elle ne sera jamais bien loin de l’eau pour continuer à vivre sa passion et donner, autant qu’elle a reçu, lors de son parcours personnel et sportif.
«Le monde de la paranatation ne se débarrassera pas de moi si facilement, explique-t-elle en riant, mais de la même façon que je me suis poussée dans ma carrière sportive, je me pousserai à fond dans mes études pour un petit moment. Je suis reconnaissante de tous les entraîneures, le personnel de soutien, les accompagnateurs et les athlète qui m’ont supportée et encouragée toutes ces années dans mon aventure sportive. Elle a commencé avec la réadaptation, et je veux m’assurer de fermer la boucle. Je vais rester proche des bassins et de la fédération pour un temps. Je veux aider les gens à se réadapter, et motiver, encourager les jeunes à poursuivre leurs rêves, aussi incroyables qu’ils soient.»
La jeune Québécoise peut être fière d’avoir poussé ses limites et d’avoir fait preuve de courage et de résilience pour aller le plus loin dans son sport. Plus forte que son accident, Myriam a prouvé avec son énergie débordante et sa grande détermination qu’elle pouvait performer et se révéler dans tous les bassins.
À seulement 26 ans, son parcours exemplaire a tout pour inspirer la relève et emmener les jeunes Québécois·es vers leurs propres victoires dans l’eau mais également en dehors. Diplômée en neuroscience cognitive et bénévole tout au long de l’année pour différentes causes, Myriam étudie également pour obtenir le Certificat d’intervention auprès des jeunes, à l’UDEM afin d’être formée à l’accompagnement de la jeunesse et accomplir son objectif de carrière : travailler en réadaptation psychologique ou physique.
Pour encourager les suivant·es à s’employer à prendre leur propre chemin, c’est un message d’encouragement et un appel à rêver, et surtout à persévérer, que Myriam Soliman livre aux suivant·es, forte de son expérience :
« Si on veut poursuivre un rêve, soyons simplement assez travaillant et patient pour l’atteindre. Si atteindre notre objectif ne ressemble pas exactement à ce que l’on espérait, il ne faut rien lâcher. Rien n’est impossible, même quand on a une limitation. Nous ne trouvons pas l’excellence dans le résultat, mais bien dans le travail et dans l’effort qu’on met pour l’atteindre. Nos vraies limites sont celles que l’on s’impose.»

© D. Holland/CPC
Parasport Québec félicite Myriam Soliman pour sa carrière sportive remarquable et lui souhaite le meilleur pour le prochain chapitre de son histoire!
– J.Robszye