Montréal, 5 février 2021 – La dernière année a apporté son lot de défis aux sportifs québécois. Certains para-athlètes, plus fragiles, ont d’ailleurs été encore plus touchés par les mesures sanitaires implantées pour contrer la COVID-19. Afin de briser l’isolement, Parasports Québec fait son entrée dans le sport électronique avec le lancement d’un projet-pilote avec le jeu Rocket League, offert à ses athlètes de powerchair soccer.

« Parasports Québec est la première fédération sportive à aller de l’avant avec le sport électronique. Afin de s’assurer de faire les choses correctement et d’offrir le meilleur environnement possible aux athlètes, la fédération s’est entourée d’une équipe de premier plan », a mentionné Francis Ménard, directeur général de Parasports Québec.

La Fédération québécoise de sports électroniques et la Chaire de recherche du Canada sur le numérique en éducation se sont notamment associées à ce projet unique.

« Le fait qu’une fédération sportive déjà reconnue décide d’aller de l’avant conjointement avec nous, on voit ça d’un très bon œil », a déclaré François Savard de la Fédération québécoise de sports électroniques.

La pandémie a été difficile pour ces athlètes qui ont des handicaps variés comme la paralysie cérébrale ou la dystrophie musculaire. La crise a accentué leur isolement et leur inactivité, chose que la Rocket League visera à changer en mobilisant les athlètes et en les motivant.

« L’idée est de redonner un semblant de vie collective avec l’entraînement, un sentiment de compétition et des défis à relever à ces athlètes souvent isolés. Ce n’est pas la même chose que sur un terrain de powerchair soccer, mais dans le contexte actuel, c’est un compromis intéressant, a mentionné le titulaire de la Chaire de recherche, Thierry Karsenti. Quand on a vu cette possibilité de collaborer avec Parasports Québec auprès de leurs e-athlètes adultes, on a tout de suite voulu embarquer. »

« Nous faisons des recherches sur le E-Sport auprès des étudiants universitaires depuis environ cinq ans et jusqu’à présent, on voit que cette activité apporte énormément de bénéfices, a-t-il poursuivi. Par exemple, on se sent plus valorisé, c’est bon pour la confiance, ça brise l’isolement de faire partie d’une équipe et de socialiser. Nous allons nous intéresser aux impacts du sport électronique chez les athlètes adultes en situation de handicap et croyons qu’il y aura des avantages à tirer. »

Soutien et encadrement

Les joueurs auront droit à un encadrement de premier plan, selon Joëlle Rivard, coordonnatrice sportive chez Parasports Québec. « Tout est en place pour leur permettre de socialiser davantage en pleine pandémie, en plus de développer de nouvelles habiletés par l’entremise du sport électronique. »

François Savard agira à titre de coordonnateur de ce projet-pilote et s’assurera que tout se déroule parfaitement. « On souhaite briser l’isolement social en conservant l’aspect compétitif que les athlètes connaissent. Ils pourront retrouver le sentiment d’accomplissement via le sport électronique, qui est souvent plus accessible que plusieurs sports traditionnels, a-t-il précisé. On veut qu’ils aient droit à la meilleure expérience possible. Au final, c’est ce qui est le plus important. »

Rocket League est un jeu vidéo possédant plusieurs points en commun avec le powerchair soccer, alors que chaque joueur contrôle un véhicule et doit s’entraider pour marquer des buts sur un terrain de soccer en trois dimensions.

Afin de bien encadrer le projet-pilote et de le développer au fil du temps en accueillant plus de joueurs, une quinzaine de participants prendront part à cette première mouture et seront dirigés par un entraîneur d’expérience en Philippe Ward.

Après avoir joué et été entraîneur avec le Club de sports électroniques de l’Université de Montréal, Philippe Ward a travaillé avec l’Académie de sport du Canada, et est l’actuel entraineur sur Rocket League au Collège Montmorency, à Laval. Il a également fait partie d’un projet nommé « Gamers en quarantaine » au printemps 2020, regroupant plusieurs joueurs au Québec et où différents événements ont été organisés pour favoriser l’aspect social.

« Le projet de Parasports Québec m’intéresse beaucoup parce que ça sort des sentiers battus et c’est une belle façon d’introduire des athlètes au sport électronique », a affirmé M. Ward, entraîneur depuis quatre ans maintenant.

Trois séances d’entraînement sont prévues au cours des prochaines semaines et un premier tournoi devrait avoir lieu le 28 mars prochain.